Velouté à 95% de plantes sauvages

Un Velouté à 95% de plantes sauvages : Ortie, Berce, Pariétaire, Trèfle, Egopode

Elles appartiennent à la catégorie des plantes accommodables en velouté sans rajout à 20, 30 voir 40% de légumes cultivés.

Elles nous invitent à retrouver des saveurs authentiques nouvelles, plutôt farouches et pourtant suaves, permettant de rééduquer son palais.

La suite correspond au complément pour plus de rondeur gustative.

Pour les personnes habituées et demandeuses d’amertume sauvage puissante, le Pissenlit est tout à fait adapté. Pour les autres, l’ajout de quelques pommes de terre ou de lentilles corail nous ramène vers un potage agréable plutôt classique, plus comparable au gout de cresson par exemple que celui du Pissenlit. (Voir la recette de la salade de riz au Pissenlit).

Les recettes sont identiques avec des petites variantes de volume, nos cinq végétaux étant cités en decrescendo d’amertume nous orientant vers un crescendo de quantité.

Les mélanges de sauvageonnes selon les récoltes sur 10 mois sont également de mise.

La recette du velouté d’Ortie servira de base. (Voir la recette du velouté d’Ortie). (Voir Ortie véritable virtuose nutritionnelle).

Bienvenu pour des veloutés d’alicaments succulents quasiment toute l’année.

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Ortie : Véritable virtuose nutritionnelle

Ortie (Urtica dioica)

Ortie (Urtica dioica)

L’Ortie, une véritable virtuose nutritionnelle

Pour les végétariens ou les personnes mangeant peu de protéines animales, les plantes sauvages en complément sont plus vertueuses que les plantes cultivées.

1. la remarquable Ortie est plus riche en protéines complètes, en vitamines et sels minéraux que le soja et la viande

2. la feuille, véritable panneau photovoltaïque, est assimilée plus rapidement par l’organisme que les graines de légumineuses pourtant renommées pour leurs richesses en protéines

3. l’Ortie perpétuelle se récolte pendant au moins 10 mois sur plusieurs années sans efforts contrairement aux plantes potagères ressemées chaque année

Plantes sauvages comestibles et ressources

Au départ, la première question reste souvent la même, « si tous les citadins, semi urbains et ruraux se précipitent en même temps vers nos sauvageonnes savoureuses, quelles conséquences pour le maintien du volume et de la diversité ? », surtout lorsque l’on sait que l’équivalent d’un département est bétonné en France tous les 10 ans et que la vie biologique des sols cultivés en intensif a quasiment disparu.

Cette réflexion est légitime mais infondée. Le retour dans nos assiettes de nos plantes locales, adaptés et libres est singulièrement plus que justifié et les arguments ne manquent pas…

Quand dans un jardin, une prairie, ou une lisière de forêt vous êtes en contact avec des plantes que vous aimez au point de les manger, instinctivement, vous devenez soucieux de respecter le lieu en évitant l’arrachage et la sur-cueillette, pour anticiper de nouvelles récoltes.

Sachant que l’acte de consommer consiste à détruire par l’usage, cette formule ne tient pas avec des  plantes sauvages plus nourrissantes, plus productives et tellement plus robustes que nos plantes cultivés souvent d’origines non européennes.

Un potager ou maraicher décapé de toutes ses plantes sauvages est un non sens. Bien souvent, celles-ci sont savoureuses (Cardamine, Egopode, Lamier, Lierre terrestre, Mouron blanc, Ortie, Pissenlit, etc.) et contribuent à des associations vertueuses pour un jardin sans carence. Avec un paillage (obligatoire), la présence retrouvée de nos végétaux spontanés en compagnie des plantes cultivées va régénérer la vie du sol par un enchevêtrement augmenté des différentes racines en symbiose (1) avec des champignons, et grâce aux associations entre les plantes et  les insectes auxiliaires (2), toute  la chaine alimentaire sera restaurée et offrira une meilleure diversité qui sera au final bénéfique à l’homme.

Des massifs ornementaux constitués avec nos bonnes Herbes rustiques (Aster, Berce, Lampsane, Menthe des champs, etc.),  nous permettent de découvrir des floraisons mellifères (3) méconnues, plus appréciés par nos insectes que nos fleurs cultivées, du début du printemps à la fin de l’automne.

Une pelouse avec la tonte non ramassée génèrera un sol rééquilibré nous permettant bien souvent de « piétiner » une carte des menus de plus en plus exhaustive (Achillée, Pissenlit, Plantain lancéolé, Pimprenelle, Porcelle, Trèfle, etc.).

Sur une même surface, la différence d’interventions et de volumes tant qualitatifs que quantitatifs de récoltes, entre la Tomate et le Pissenlit par exemple est édifiante, sachant que nombreuses sont les plantes sauvages récoltables quasiment toutes l’année.

Pendant que nos forêts et nos cultures s’adaptent difficilement à notre mutation climatique, cela ne sera pas forcément le cas de la plupart des plantes sauvages…

En somme, la réhabilitation de nos mauvaises Herbes spontanées dans les espaces privés et publics (parcs, potagers, jardins, ronds points, bords de chemins et de routes), va  permettre de mieux connaitre et de comprendre comment préserver cette précieuse ressource incontournable pour demain.

En réintroduisant un pourcentage de sauvages, dans le régime végétarien ou le régime crétois, ou comme de nombreux pays de l’Est n’ayant pas été trop formaté par l’ère industrielle, vous serez dans la démarche du  « tout le monde gagnant ». Vous deviendrez garant de la préservation de la biodiversité et champion autonome de la filière courte.

Si nos parents ont subi cette éducation de la domination patriarcale contre la nature (herbicides, pesticides, insecticides, fongicides, monocultures, remembrements), à  nous maintenant d’agir avec elle en découvrant des saveurs nouvelles grâce à nos meilleurs alicaments qui soient.

(1) Le champignon fournit des sels minéraux à la plante qui par sa photosynthèse donne du sucre au champignon qui au final produira des défenses immunitaires pour la plante… (2)  Trois fois plus de prédateurs de prédateurs de plantes. (3) Plantes produisant du nectar

Velouté d’Egopode

Si son amertume est douce avec une saveur discrète, les commentaires concernant ce légume de demain foisonnent.

Les lieux de récoltes sont sporadiques comparés à l’Ortie ou le Pissenlit. Pour autant lorsque l’Egopode s’installe, il s’agit de petits ilots formant des tapis denses à 60% permettant des cueillettes très faciles se renouvelant vigoureusement jusqu’au véritable hiver.

Trop souvent les personnes qui pratiquent encore le maraîchage traditionnel des trente glorieuses, la détestent âprement, en la classant dans la catégorie de la pure « mauvaise herbe envahissante » difficilement gérable de part sa reproduction végétative très rapide avec ses rhizomes (1).

Le scénario est simple ; l’homme moderne, soucieux de répondre à son devoir patriarcal, a décapé le sol de son potager par un arrachage systématique harassant du tout venant sauvage, pour privilégier chaque année le renouvellement des rangs de plantation. Les conditions deviennent alors optimales pour permettre à l’Egopode de galoper sans concurrence en créant de véritables couvre sol à 95% au dépend des plantes cultivées à croissance plus lente.

En conséquence, l’homme va stigmatiser sur cette dite invasion dont il est pourtant à l’origine en ignorant d’autant plus les vertus nutritionnelles, gustatives et médicinales de la sauvageonne appréciée dès la préhistoire et répertoriée depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen-âge.

Un monopole programmé engendre un déséquilibre pour blâmer le mauvais coupable, la nature étant de nouveau perçue comme hostile. (Voir Plantes sauvages comestibles et ressources).

De plus, comme la Berce, l’Egopode appartient à la famille des ombellifères dont les fleurs parmi les plus mellifères (2) nourrissent nos insectes auxiliaires (3).

Dans mon jardin en friche, j’ai incrusté l’Egopode en présence, selon les cycles, de moult plantes (Trèfle, Primevère, Benoite, Bétoine, Onagre, Gaillet gratteron, Rose trémière, Lampsane, Plantain, Ortie, Pissenlit, Berce du Caucase, etc.).

L’Egopode s’est bien développé, mais pas au dépend d’autres végétaux. De part cet enchevêtrement très dense des racines des diverses autres plantes pour une autorégulation entre tout les végétaux, vous disposerez de diverses cueillettes successives.

A propos de la Berce du Caucase, trop souvent méprisée, celle-ci était cultivée en Union Soviétique comme fourrage. Suite à la dépression agricole, la plante n’étant plus régulée par les bovins, la Berce a proliféré pour être répertoriée comme très invasive.

Dans ma friche, la Berce de Caucase reste discrète avec quelques timides rhizomes et a tout juste le temps de fleurir…

(1) Tiges souterraines horizontales traçantes produisant des pousses qui fabriqueront de nouvelles tiges traçantes…

(2) Fleurs produisant du nectar et ou du pollen

(3) 3 fois plus de prédateurs de prédateurs de plantes…

Ingrédients

  • 5 belles poignées de feuilles avec les pétioles (tiges) coupées à 5 mm, pour le reste, même ingrédients que le velouté d’Ortie

Préparation

Le gout sympathique moins prononcé que L’Ortie ou la Berce, nous oriente vers une plus grande quantité de plante qui de toute façon abonde sur les lieux de récolte.

L’Egopode est pédagogique pour séduire les personnes récalcitrantes à la nourriture sauvage.

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