Plantes sauvages comestibles au Moyen-âge par Stéphane Loriot

« De la peste, de la guerre et de la famine, délivre-nous Seigneur »

Cette trilogie infernale fut subie globalement par l’homme médiéval en particulier pendant la guerre de cent ans.

La confusion subsiste encore trop souvent pour les périodes antérieures où les disettes primaient sur les famines, toutes deux de manière sporadique selon les terroirs dans cette conjoncture régionale bénéficiant d’un climat plus chaud. Jusqu’au XIIIème siècle, les disettes et famines locales apparaissaient certes, mais pouvaient devenir moindres grâce à la consommation de plantes sauvages comestibles tellement mieux adaptées notamment aux aléas météorologiques.

Le paysan médiéval, un botaniste hors pair.
Toujours disponibles, ces plantes sauvages comestibles étaient connues depuis des temps immémoriaux et répertoriées depuis l’antiquité. Par transmission coutumière, tel un athlète de la filière courte dans un durable avant l’heure, le paysan médiéval était en fait un excellent botaniste imprégné de cette nature nourricière encore obsédante et peu domestiquée.

De leurs côtés, les monastères détenaient les meilleurs écrits dans lesquels les plantes sauvages tenaient une place non négligeable tant pour leurs vertus d’abord médicinales que nutritionnelles. Cette notion de perception des végétaux comme alicament existait déjà.

Un moine végétarien bien nourri.
Pendant ces XIV et XVème siècles, en grande crise, la région de Chevreuse ne fut pas épargnée. Au cours de la guerre de Cent ans, le bourg passa de 300 à 28 habitants et l’Abbaye des Vaux-de-Cernay sera délaissée par tous les religieux. Selon la chronique « Dauxmichel », un moine, va pourtant y vivre pendant 12 ans « réduit souvent à manger de l’herbe comme une bête ».

Les fonds de vallée dont les Abbayes ont le monopole, détiennent la plus grande diversité de ressources, en matière également de plantes sauvages utilitaires, médicinales et comestibles. Guillemette d’Estouville, épouse de Jean de Chevreuse envoyait parfois de la nourriture à Dauxmichel vivant dans la plus grande solitude. Toutefois ce moine ne mangeait pas de foin, loin de là… Il connaissait forcément la plupart des plantes sauvages comestibles qui foisonnaient selon les saisons. La grande pauvreté dont il eut à souffrir était donc plus spirituelle et politique que matérielle.

Il ne faut pas ignorer que beaucoup de plantes sauvages comestibles contiennent autant de protéines que la viande, et plus de vitamines de sels minéraux et d’oligo-éléments que les plantes cultivées. Par ailleurs le pain « bis-cuit » en biscotte, sec ou rassis occupe une place importante dans les recettes des humbles ou des grands mestres-queux.

Repas inspirés d’une donation alimentaire faite par Guillemette, châtelaine chevrotine, au moine, Dauxmichel
A la suite d’une récolte de plantes sauvages effectuée aux abords du château de la Madeleine, (Berce, Ortie, Lamier blanc, Oseille, Pariétaire, Pissenlit, Plantain lancéolé) et en pensant à ce moine ermite livré la plupart du temps à lui-même, j’ai réalisé une « souplette gustative » très nourrissante uniquement constituée de ces sept plantes parmi les plus connues au Moyen-âge. Avec ces sept plantes, et une marge d’erreurs faible, il est aisé d’imaginer deux repas rustiques d’automne, dans l’esprit médiéval :

> Voir les recettes Moyen-âge et plantes sauvages

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