Infusion d’Ortie séchée

Infusion d’Ortie séchée (Urtica dioica)

Parmi les plantes sauvages comestibles du jardin (Pissenlit, Trèfle, Plantain lancéolé, Violette, Lamier blanc etc.) se trouve bien souvent notre fameuse Ortie quasiment toute l’année.

Si l’Homme Médiéval récoltait en hiver des racines d’Ortie qu’il infusait dans du lait pour bénéficier de plusieurs propriétés de la plante, nous pouvons au printemps, voir toute l’année, suite à des fauches, récolter les jeunes pousses utilisables notamment en hiver pour se tonifier…

Véritable bombe nutritionnelle, les très nombreuses vertus médicinales efficaces de cet authentique Alicament sont de plus en plus reconnues. Au Moyen Age, du humble au puissant, la plante était admise comme atténuante et rééquilibrante.

Séchage
Les brins à 3 ou 4 étages récoltés en fin de matinée par temps ensoleillé si possible, seront disposés en guirlande sur un une ficelle tendue au plafond sans soleil direct. Les brins (tiges, pétioles et feuilles) seront espacés de 4 ou 5 cm pour empêcher les feuilles de se toucher. Au fil des jours, vous pourrez rapprocher les brins pour gagner éventuellement de l’espace. Passé une semaine, le séchage sera optimum pour l’étape suivante.

Préparation pour la conservation
– Prudemment, à mains nues avec un sécateur, coupez les brins à 1 cm dans un grand saladier.

– Toujours avec vos mains, broyer le tout pour obtenir 20% de poudre fine, 60% de feuilles finement ciselées et le reste en petits brins. Plus les feuilles sont ciselées, plus l’infusion sera bonifiée en économisant la ressource.

– Le tout sera stocké dans un bocal à confiture étanche toujours à l’ombre.

Infusion
– Porter 25 cl d’eau à ébullition puis stopper la source de chaleur

– Incorporer une grosse cuillère à soupe d’Ortie, bien mélanger et laisser infuser 5 à 10 mn avec un couvercle le temps que les feuilles coulent jusqu’au fond, puis filtrez.

Il est pertinent de pratiquer une cure salvatrice d’au moins 15 jours le matin à jeun, un buvant la préparation tiède comme à la période Médiévale. Puis votre organisme sera « saturé » des bienfaits plus que multiples de la plante, pour que vous puissiez au bout de quelques semaines reprendre le cycle.

Voici la base d’une auto médication pour une phytothérapie préventive douce, puissante sans dommages sanitaires collatéraux.

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot

Faux Aligot de Berce sphondyle (Heracleum sphondylium)

Faux Aligot de Berce sphondyle (Heracleum sphondylium)

Au début du printemps, lorsque la Berce commence à foisonner, les jeunes feuilles composées encore recroquevillées d’un vert clair éclatant attirent forcément notre attention. La cueillette de celles-ci est autant facile que rapide pour une cuisson en fricassé.

Cet Aligot au fromage de chèvre très nourrissant et plus digeste que la recette classique au fromage de vache est tonique grâce à la sauvageonne.

Cette préparation se prête également volontiers avec le Pissenlit et l’Egopode par exemple.

Ingrédients pour 2 personnes :

2 belles poignées de jeunes feuilles, jusqu’à 20 cm, avec les pétioles (tiges) coupées à 5 mm, 6 pommes de terre bio cuites avec la peau en dés de 2 cm puis converties en purée, 1 demi oignon coupé à 5 mm, 1 gousse d’ail à 0,3 mm, 2 cuillères à soupe d’huile d’olive, 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre, 1 demi verre d’eau, une demi bûche de fromage de chèvre coupé en cube de 1 cm, curcuma, columbo, piment des oiseaux en poudre, fleurs de sel.

Préparation :

– Excepté la purée de pomme de terre et le fromage, cuire à feux moyen tous les ingrédients à couvert dans une poêle non adhésive en céramique par exemple, en rajoutant un peu d’eau au fil de la cuisson pendant 15 mn ou plus jusqu’à obtention d’un tendre croquant.

– Mélanger tous les ingrédients en remuant énergiquement pendant 5 mn avec une spatule en bois toujours à feu moyen pour un mélange de plus en plus homogène.

– En option vous pouvez également, en restant vigilant, remuer jusqu’à obtenir un Aligot légèrement roussi genre caramélisé pour plus de saveur.

Berce sphondyle (Heracleum sphondylium)

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot

Velouté de Trèfle des prés – Trifolium pratense

Trèfle des prés – Trifolium pratense

A l’image de l’Ortie, cette légumineuse très nourrissante, notamment en protéines, peut se récolter selon les espèces au moins pendant 10 mois.

Cette plante de survie très commune, sachant que tous les Trèfles sont comestibles, est de surcroît très gustative.

Les rosettes, suite à des fauches, se régénèrent rapidement pour des récoltes rapides successives.

La recette à 95 % sauvage est identique à celle de l’Ortie (voir la recette du velouté d’Ortie).

La pomme de terre et la crème fraîche ne sont vraiment pas nécessaires car ces deux ingrédients étoufferaient la saveur subtile de cette plante fourragère, accommodable pour l’homme (voir la recette du taboulé de Trèfle).

Ingrédients :

Mêmes proportions que le velouté d’Ortie, les feuilles étant récoltés avec les pétioles (tiges).

Préparation

– Exactement comme pour l’Ortie et la Pariétaire (voir la recette de la Pariétaire)

Cette recette délicieuse est idéale pour séduire les palais débutants, la fameuse amertume sauvage étant moindre que la puissante Ortie.

Velouté de Trèfle des prés – Trifolium pratense

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot

> Retour à l’accueil du site

Velouté de Violette odorante (Viola odorata)

Velouté de Violette odorante (Viola odorata)

Les feuilles de Violette ont cet avantage d’être récoltables quasiment toute l’année. Comme pour le velouté de Mauve, le breuvage associe délicatesse et puissance.

Ingrédients :

Exactement comme pour le velouté de Mauve avec une proportion moindre d’huile d’olive car la Violette comme la Mauve contient des Mucilages permettant d’épaissir les préparations, voir la recette du velouté de Mauve sylvestre.

Préparation:

> Voir la recette de Velouté d’Ortie

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot

Violette odorante (Viola odorata)

Velouté de Primevère acaule – Primula acaulis

prim3

Velouté de Primevère acaule  (Primula acaulis)

Cette espèce de Primevère, plutôt commune en Yvelines, et ne nécessitant pas d’y être protégée, ne nous empêche en rien de ne pas dépasser les 30 % de cueillette de feuilles à chaque rosette.

Annonciatrice du printemps d’où son nom, la Primevère est une vivace, mais celle-ci se permet en novembre décembre de se refabriquer une rosette récoltable avant l’hiver, après son absence en été, les feuilles devenant jaunissantes.

Intéressante pour les palais avertis, amateurs et demandeurs, la saveur du velouté de feuilles est très prononcée, les recettes pour les soupes classiques étant souvent préconisées en mélange avec d’autres végétaux.

Concernant les débutants, autant les séduire avec une quantité moindre en les « aguichant » avec ce velouté servi en vérine.

Ingrédients et préparation

Exactement comme le Velouté d’Ortie (voir la recette du Velouté d’Ortie)

prim4

Rosette de Primevère acaule  (Primula acaulis)

 

Velouté de Lamier blanc – Lamium album

Velouté de Lamier blanc

Souvent confondu avec l’Ortie, le Lamier blanc avec ses grosses fleurs blanches caractéristiques n’appartient pas à la même famille que sa voisine. Poussant toutes les deux souvent côte à côte, le Lamier blanc à la texture douce, bénéficie de la protection de la fameuse Ortie urticante.

Quel est la poule de l’œuf de ce mimétisme des feuilles ? Dans les temps immémoriaux, un insecte avec son dard ou sa mâchoire a t’il transmis le gène de l’Ortie à notre bon Lamier ?

Savoureux légume de demain, au gout suave prononcé, et des valeurs nutritionnelles et médicinales se rapprochant de celles de la puissante Ortie, la recette est la même que celle-ci (voir la recette du Velouté d’Ortie).

Comme l’Ortie, le Lamier est récoltable même en décembre tant que les gelées restent nocturnes avant le véritable hiver.

lamier2 copier

Lamier blanc – Lamium album

Recette Pomme chocolat aux fruits de Berce

Berce (Heracleum sphondylium)

Au cœur de l’été, la Berce nous offre des fruits en grande quantité sur ses ombelles, celles-ci sont rapidement récoltables et utilisables tout de suite ou à faire sécher.

La saveur mandarine piquante puissante de ce condiment sauvage parmi les meilleurs, nous permet d’accompagner moult recettes sucrées ou salées (voir la recette du vin herbé aux fruits de Berce). Le chocolat noir s’accommode à merveille avec les fruits de Berce dont les vertus médicinales, comparables à celles de la racine pivot, se rapprochent du Ginseng.

Les fruits aux vertus toniques arrivent à la bonne période pendant les canicules pour ce dessert plus stimulant que le café.

Ingrédients pour deux personnes

Une belle pomme avec la peau coupée en dés de 1 cm, 2 ou 3 cuillères à café de fruits de Berce coupés à 2 mm, 40 grammes de chocolat noir et un demi-verre d’eau.

Préparation

Diluer à feu moyen le chocolat avec l’eau puis mélanger tous les ingrédients. Servir tiède dans des petits bols ou des verres avec une petite cuillère pour déguster le tout avec le chocolat liquéfié hautement parfumé.

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot

Ortie Pissenlit et Berce, trois plantes sauvages comestibles pédagogiques

Lorsque le secteur biologique cherche à respecter la filière courte à 200 km de la production vers le consommateur, les plantes sauvages comestibles nous proposent 20 km, 2 km, 200 m ou 20 m. Ces trois plantes foisonnantes, facilement reconnaissables, récoltables quasiment toute l’année nous permettent de découvrir leurs voisines bien souvent également comestibles et gustatives.

Estimées depuis la préhistoire, souvent aussi riches en protéines que la viande, plus riches en vitamines et sels minéraux que nos plantes cultivées, elles occupent de par leurs qualités nutritionnelles concentrées, une place de premier choix parmi nos alicaments.

Les recettes sont multiples selon chacun.

Je vous propose les miennes, en cherchant le plus possible à utiliser la plante comme matière première, avec des préparations la plupart du temps simples et rapides.

La cueillette de plantes sauvages nous permet d’aborder la notion de patrimoine botanique et de micro-paysage de manière tout à fait autre. Globalement, avec l’expérience, chaque cueillette devient probante sans porter atteinte à la ressource.

Au contraire, vous deviendrez rapidement vigilants, soucieux de préserver votre savoureux garde-manger, gratuit et sans contraintes de production.

En automne par exemple, les journées de plus en plus courtes et froides affaiblissent notre organisme. En réponse, nos plantes sauvages adaptées en pleine forme nous permettent en toute logique de rééquilibrer nos carences.

Parce que nous vivons dans les mêmes terroirs, nous voilà concernés par nos plantes sauvages locales rustiques de proximité…

Bienvenu dans le comportement « écosophique » à travers ce néo-patrimoine vernaculaire végétal, en devenant un champion des filières courtes, de manière individuelle mais non individualiste.

> Voir toutes les recettes de plantes sauvages de Stéphane Loriot